« Comment s’en sortir ? »

Que nous revenions si souvent à cette question, sans jamais pouvoir lui apporter une réponse définitive, devrait déjà nous alerter : quelque chose cloche dans la manière même dont elle est formulée. Et il ne suffirait pas de la reformuler légèrement pour lui rendre du sens ; c’est sa logique entière qui nous conduit, en réalité, dans une impasse. C’est cette hypothèse — peut-être déstabilisante, mais profondément libératrice — que je vous propose d’explorer.

Pourquoi la question « Comment s’en sortir ? » manque sa cible

Lorsqu’on nous dit que cette question n’a pas de sens — ou du moins pas celui qu’on croyait — la première réaction est le plus souvent la résistance, voire la révolte, mais toujours la frustration, l’attente déçue. Dans ce sentiment que quelque chose vient de nous être dérobé, notre regard ne sait plus où se poser. Et c’est précisément là qu’une ouverture apparaît. Un regard qui ne trouve plus d’objet à poursuivre, à condamner, à réparer ou à espérer, se retourne spontanément vers lui-même, vers sa propre source.

Regarder le « regard qui regarde »

La proposition qui est faite ici est précosément d’éclairer cette origine silencieuse : ce « regard qui regarde ». Il est tellement présent, tellement toujours-déjà-là, qu’on ne remarque plus qu’il est là. Dit autrement, il s’agit de redécouvrir la part de nous-mêmes qui participe inconsciemment à ce que nous vivons — alors même que nous avons l’impression d’être la victime du sort, des autres, de la situation, du destin. Pendant un moment, l’objet (l’autre, le problème, la situation…) peut s’effacer, non pour être nié, mais pour permettre au sujet — moi — de se reconnaître comme celui qui perçoit.
Le déplacement est subtil mais essentiel : plutôt que de chercher comment « sortir » de ce qui me pèse, il s’agit d’examiner comment « entrer » en contact avec moi-même.

Se changer ou s’entendre ?

Je n’ai pas besoin de me transformer pour correspondre à une attente extérieure ; j’ai d’abord besoin de m’entendre. Lorsque je m’entends — me vois, m’écoute, me sens — les décisions que je prends se modifient naturellement.  Les décisions venant de l’écoute de soi ne sont pas guidées par les mêmes motifs et n’ont donc pas les mêmes conséquences que les décisions venant de l’idéologie ou de la stratégie.

Il ne s’agit donc ni d’ajouter une nouvelle théorie philosophique, ni d’adopter une nouvelle morale, ni de suivre un mot d’ordre culturel. Si philosophie, morale, culture, règles et lois ont leur utilité dans la vie collective, dans le domaine intime qui est le nôtre un autre regard est nécessaire. C’est le regard qui, désintoxiqué de tout ce que je sais, retrouve celui ou celle que j’ai toujours été en-deçà des habitudes, des idées reçues, des rôles sociaux, des images que j’ai de moi-même.

Je n’ai pas besoin de changer mais de m’entendre.
Le changement n’est alors plus un objectif du travail psychologique : il devient un effet naturel et inévitable de la connaissance de soi.


Envie de gagner quelques degrés de liberté dans la perception de votre environnement ?
Contactez-moi ici
pour commencer un suivi individuel.
Entretien de premier contact gratuit (15 minutes au téléphone).